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Les salariés ne pourront plus financer leur permis de conduire via le CPF

[Mise à jour du du 20/02/2026]

Jeudi 19 février, le Conseil constitutionnel a validé une mesure lourde de conséquences pour des millions de Français : la restriction de l’usage du Compte personnel de formation (CPF) au financement du permis de conduire. Par cette décision, il ne sera désormais plus possible, pour les salariés, d’utiliser leurs droits CPF pour financer leur permis. Une disposition que l’association "40 millions d’automobilistes" condamne avec la plus grande fermeté, tant elle pénalise injustement ceux qui travaillent et cotisent. Loin d’être un simple ajustement budgétaire, cette réforme constitue une régression sociale brutale et une remise en cause directe des droits acquis par des millions d’actifs.

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Une réforme injuste du CPF pour le permis de conduire

La logique économique de la mesure est incompréhensible et profondément incohérente. Refuser de financer la mobilité d’un salarié pour qu’il conserve son emploi, évolue ou se reconvertisse, mais accepter de la financer une fois qu’il est au chômage, relève d’une vision purement punitive du travail. Plutôt que de prévenir les ruptures professionnelles, la réforme organise leur aggravation.

Des alternatives existaient : plafonnement, encadrement renforcé, lutte contre les abus. Le Gouvernement a préféré l’exclusion pure et simple.

Vers la fin du financement du permis de conduire avec le CPF, pour les salariés

[Article initial du 22/01/2026]

La réforme du CPF dans le Projet de loi Finances prévoit de retirer le droit aux salariés de financer leur permis de conduire via leur Compte personnel de formation pour le réserver aux seuls demandeurs d’emploi (article 81). L’association "40 millions d’automobilistes" et la fédération des auto-écoles nouvelle génération, unissent leurs voix pour demander au législateur de revoir la copie, estimant qu'il s’apprête à commettre une faute politique et sociale majeure.

Le permis de conduire, n°1 des formations financées par le CPF

Alors que le permis de conduire est de loin la première formation financée par le CPF¹, cette mesure porte en germe une fracture territoriale explosive. Elle frappe de plein fouet la France qui travaille, cotise, mais dépend de la voiture faute de transports collectifs. Ouvriers, aides à domicile, intérimaires, salariés des zones rurales et périurbaines : tous financent le CPF, mais se verraient refuser l’accès à ce droit pour leur besoin le plus vital, la mobilité. C’est une confiscation de droits, perçue comme un profond mépris envers la France périphérique, le terreau même des colères sociales les plus violentes. 

La réforme sacrifie également une génération entière : jeunes actifs, salariés modestes qui ont déjà travaillé, cotisé et constitué une épargne CPF précisément pour financer leur permis. En les privant de leurs propres droits, l’État brise leur insertion professionnelle à la racine. Le message envoyé est brutal : "Vous avez cotisé pour rien." 

Pour "40 millions d’automobiliste", cette mesure démontre un mépris total pour ceux qui travaillent et vivent en dehors des grandes métropoles. La mobilité n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour vivre et travailler.

Une double peine financière

Sur le fond, l’article 81 du PLF repose sur un contresens économique total. Refuser de financer la mobilité d’un salarié pour qu’il conserve son emploi ou effectue une reconversion mais accepter de la financer une fois qu’il est au chômage, revient à abandonner toute logique de prévention. Cette réforme ne sécurise pas les parcours professionnels : elle fabrique du chômage qui pourrait être évité. 

Pire encore, ce texte agit comme une double peine financière et comme un "pousse-au-crime" en même temps. Malgré avoir cotisé pour le CPF, les actifs devront porter seul la totalité du coût du permis. Concrètement, c’est un poids financier de 1500 à 1800 euros en moyenne que les aspirants au permis devront porter seuls. Par ailleurs, alors que 23% des jeunes se disent prêts à conduire sans permis², cette mesure ne viendra qu’aggraver un risque réel que les derniers chiffres de la sécurité routière ont montré. En reportant la charge du financement du permis uniquement sur les candidats, c’est des milliers de personnes qu’on s’apprête à pousser sur les routes sans permis. Le risque est clair : des milliers de travailleurs précaires contraints de conduire sans permis ni assurance, avec des conséquences graves en matière de sécurité routière. 

Privés de leur droit à la mobilité, ces salariés sont exposés à une double peine : financière et professionnelle. C’est un signal inquiétant pour l’avenir.

Réguler plutôt qu’exclure : une alternative existe 

Une alternative existe. Réguler plutôt qu’exclure. La maîtrise des dépenses est possible par un plafonnement du montant mobilisable pour tous, sans remettre en cause le principe d’universalité du CPF. Les usagers de la voiture et les auto-écoles appellent solennellement à revoir la copie. On ne fait pas des économies durables en sacrifiant la mobilité de ceux qui travaillent.

Lettre ouverte aux parlementaires et au Gouvernement

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1 25% selon une étude de la DARES 

2 Sondage Opinion Way pour En voiture Simone 

Écrit par 40MA Dernière modification le vendredi 20 février 2026