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Fiscalité automobile en France : la liste complète des taxes que paient les automobilistes

La France figure parmi les pays européens où la pression fiscale sur l’automobile est la plus élevée, notamment sur les carburants et les véhicules thermiques neufs. Dans ce dossier, l’association "40 millions d’automobilistes" détaille toutes les taxes qui pèsent sur les automobilistes français particuliers, depuis l’achat du véhicule jusqu’à son utilisation quotidienne, et combien cette fiscalité automobile rapporte à l’État français.

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Pourquoi la voiture est devenue l’un des secteurs les plus taxés en France

En France, l’automobile constitue depuis plusieurs décennies une source majeure de recettes fiscales pour l’État et les collectivités publiques. Entre l’achat du véhicule, son immatriculation, son assurance, son carburant et son usage quotidien, un automobiliste particulier est confronté à une accumulation de taxes qui asphyxient son budget.

Cette fiscalité automobile s’est progressivement renforcée au fil des années sous l’effet de plusieurs facteurs : besoin de recettes budgétaires, motif écologique, ou encore incitation à l’électrification du parc automobile.

L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) estime que les taxes générées par le secteur automobile en France ont rapporté pas moins de 94,6 milliards d’euros en 2024.

Les taxes liées à l’achat d’un véhicule

La TVA automobile : la première taxe payée par les automobilistes

La taxe sur la valeur ajoutée, plus connue sous le nom de TVA, est la principale taxe payée lors de l’achat d’une voiture neuve en France. Elle s’applique au taux normal de 20% sur le prix du véhicule.

Concrètement, lorsqu’un automobiliste achète une voiture neuve à 30000 euros TTC, environ 5000 euros correspondent directement à la TVA reversée à l’État.

La TVA actuelle date de 1954, année où la France devient le premier pays au monde à mettre en place ce système fiscal.

Même si les recettes de TVA ne concernent pas uniquement la voiture, le secteur automobile représente une part considérable de cette manne fiscale à travers les ventes de véhicules, les pièces détachées, l’entretien et les carburants.

Le malus écologique : la taxation des émissions de CO2

Le malus écologique a été instauré en 2008 dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Son objectif officiel est de pénaliser financièrement les véhicules jugés trop polluants.

Cette taxe s’applique lors de la première immatriculation d’un véhicule neuf en fonction de ses émissions de dioxyde de carbone.

Le durcissement du barème est devenu quasiment annuel, au point qu’au fil des années, de nombreux modèles de voitures familiales se retrouvent désormais lourdement taxés. En 2026, tout véhicule de tourisme dont le taux d’émission de CO2 est égal ou supérieur à 108g est soumis au malus écologique ; il peut atteindre 80000€ pour les modèles dont les émissions sont supérieures à 191g. 

Les recettes du malus fluctuent selon les ventes automobiles et les évolutions du marché. Elles représentent plusieurs centaines de millions d’euros par an pour l’État.

Le malus au poids : la taxe sur la masse des véhicules

La taxe au poids, également appelée malus masse, est entrée en vigueur en 2022.

En 2026, cette taxe s’applique aux véhicules dépassant 1,5 tonne et, à l’image du malus écologique, ses seuils sont également durcis au fil des années. Plus le véhicule est lourd, plus le montant du malus augmente.

Le Gouvernement justifie cette taxe par la volonté de limiter l’augmentation du poids moyen des voitures neuves… Mais en même temps, la plupart des véhicules électriques — réputés pour être en moyenne plus lourds du fait du poids de leurs batteries — en sont exonérés, ce qui alimente un débat croissant sur la cohérence de ce type de mesures.

Les taxes d’immatriculation et la carte grise

La carte grise, officiellement appelée certificat d’immatriculation, est également soumise à plusieurs taxes.

La principale est la taxe régionale calculée en fonction du nombre de chevaux fiscaux du véhicule. Son montant varie selon les régions et les recettes liées aux cartes grises sont principalement affectées aux régions françaises.

À cette taxe s’ajoutent plusieurs contributions :
• la taxe de gestion ;
• la redevance d’acheminement ;
• éventuellement une taxe sur les véhicules les plus polluants.

Pour certains véhicules puissants, le coût total d’une carte grise peut dépasser 1000 euros.

Les taxes liées à l’usage quotidien de la voiture

Les taxes sur les carburants

TICPE, TVA, TVA sur la TICPE, taxe carbone, Certificats d’Économie d’Énergie… Les carburants font l’objet d’un empilement de mesures fiscales que "40 millions d’automobilistes" a détaillé dans cet article.

Chaque litre d’essence ou de gazole contient une part importante de fiscalité. En pratique, lorsqu’un automobiliste fait un plein, une majeure partie (environ 60%) de la somme versée à la pompe est constituée de taxes.

En 2026, en pleine flambée des prix du carburant due à la guerre en Iran, on estime que pour un prix du litre de carburant à 2€, la part de fiscalité s’élève à 1.17€.

Selon les données de l’ACEA, les recettes fiscales générées par les carburants en 2024 atteignaient 46,3 milliards d’euros. Pour 2026, elles pourraient dépasser 50 milliards d’euros. Ces sommes astronomiques consacrent la France comme le pays européen qui prélève le plus de taxes sur le produit.

Et si pour le moment l'énergie faisant rouler les voitures électriques est très loin d'être taxée comme les carburants routiers, elle n'est pas pour autant exempte de fiscalité : la recharge à domicile pour les véhicules électriques est taxée à hauteur de 20% (TVA sur la consommation, à laquelle s'ajoute celle sur l'abonnement), et 20% de TVA pour la recharge publique.

Pétition pour la baisse des taxes sur le carburant

Les péages autoroutiers

Si la part de fiscalité écrasante qui pèse sur le carburant est bien connue du grand public, on ne peut pas en dire autant des taxes sur les péages !

En effet, on estime que 40% du montant acquitté aux péages d’autoroutes correspond à des taxes appliquées par l'État.

Les taxes sur l’assurance automobile

Peu d’automobilistes le savent, mais les contrats d’assurance auto sont aussi fortement taxés.

La taxe sur les conventions d'assurances (TCAS) est collectée par les assureurs pour ensuite être reversée à l’État. Le taux de taxation varie selon les garanties souscrites : il commence à 15% et peut atteindre 33% sur certaines garanties obligatoires.

À cela s'ajoute la "taxe attentat" — une contribution obligatoire prélevée sur chaque contrat d’assurance incluant une garantie dommages — qui est reversée au Fonds de Garantie des victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI). Son montant est forfaitaire : il est de 6.50€ en 2026.

Les automobilistes français sont-ils plus taxés qu’ailleurs en Europe ?

La France figure dans la Top 3 des pays européens qui taxent le plus l’automobiliste, en 2ème position juste derrière l’Allemagne. L’Italie complète le podium.

En revanche, la France est n°1 de la fiscalité sur les carburants, dont les taux de taxation dépassent largement les préconisations de l’Union Européenne.

Le malus écologique français est également l’un des plus sévères d’Europe.

Conséquences du "trop plein" de taxes

L’hyperfiscalisation de l’automobile frappe de plein fouet les automobilistes français, met en danger la filière automobile, et peut même s’avérer contre-productive pour les caisses de l’État et pour l’écologie.

Actuellement, la plupart des consommateurs n’ont plus les moyens d’acheter un véhicule neuf ; fin 2025, les projections du marché du neuf se situaient à un score historiquement bas (1,6 millions d’immatriculations) selon Mobilians. La France est le seul pays en Europe qui n’a pas retrouvé son niveau de ventes d’avant Covid, avec les conséquences que cela représente sur la filière.

De fait, l’État perd son pari d’un rajeunissement du parc auto dans un but environnemental : l’âge moyen du parc auto français était de 9 ans en 2011. En 2025, il atteint un nouveau record à 11.3 ans, selon le ministère des Transports.

À cause de la baisse des ventes, l’Etat a perdu 4 milliards d’euros de recettes de TVA au cumul des 4 dernières années. Même le durcissement des malus pour 2026 et 2027 ne suffirait pas à compenser ces pertes.

En 2026, l’inaction du Gouvernement face à la flambée des prix du carburant démontre aussi la véracité de l’adage « trop d’impôts tue l’impôt » : lorsque les taxes représentent un coût trop élevé, les citoyens freinent leur consommation. L’État déplorait ainsi une perte de recettes fiscales sur les carburants au 1er trimestre de la guerre en Iran, alors que les citoyens faisaient face à un coût du plein record.

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Écrit par 40MA Dernière modification le mardi 19 mai 2026